Pierre Darbellay

et le pastel

       Pour un fils de photographe paysagiste, l'image ne m'attire qu'assez tard.  Ce n'est qu'après 25 ans,  à l'occasion de quelques voyages, notamment  au Monténégro, que j'aborde la photo. Le dessin vient encore plus tard.
      En 1972, juste avant la trentaine, je reviens à Martigny pour seconder mon père dans son édition de cartes postales, puis le remplacer. C'est alors, guidé par ce père également peintre à ses heures, que j'apprends le métier de paysagiste, puis le pastel qui me convient mieux que l'huile ou l'aquarelle essayées elles aussi.
Canal à Branson, pastel   
    Je débute par ce que je fréquente quotidiennement dans mon travail, le paysage, mais que j'aborde de façon plus intimiste, attiré surtout par les arbres, la forêt, et l'un de mes sujets favoris devient alors les canaux, surtout en sous-bois, avec la lumière qui joue sur la surface de l'eau.
La Borgne à Arolla, pastel
    Des canaux, et du Rhône, que je traite également volontiers, je remonte vers l'amont, et les torrents me captivent presque totalement pendant plusieurs années. C'est l'eau vive, cet élément qui n'a ni forme ni couleur propre, qui emprunte tout aux rochers qui la guident et au décor qui l'entoure, où la lumière joue le rôle principal. Là, seule l'aide de la photo me permet d'arriver à mes fins. Et cette étude du mouvement et de la couleur m'amène à la réalisation d'oeuvres presques abstraites.

    Des séjours de vacance printemps et automne en Haute Provence amènent de nouveaux sujets,avec des horizons dégagés et le large des plateaux de Valensole ou d'Albion, les vastes champs de blé, de sauge sclarée ou de lavande.
Une orchidée, la limodore à feuilles avortées

C'est maintenant la flore qui est devenue mon sujet favori, en pastel comme en photo.

   
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